Cocotte ★★☆☆

Une poule, née dans un élevage industriel, réussit à s’en échapper, prend place dans un camion de transport international et se retrouve en Grèce, dans une taverne au-dessus de la Méditerranée.

L’étonnant réalisateur hongrois  György Pálfi avait réalisé en 2006 un film légitimement interdit aux moins de seize ans, dont j’ai gardé un souvenir traumatisant, Taxidermie. Il semblerait qu’il ait depuis lors réalisé d’autres films, qui n’ont pas trouvé de distributeur en France. Il nous revient vingt ans plus tard avec un film novateur, sinon que le polonais Jerzy Skolimovski avait utilisé la même idée avec un âne dans EO, projeté à Cannes en 2022.

Je n’avais pas particulièrement aimé EO. Je lui reprochais sa lourdeur sentencieuse. C’est précisément ce défaut qu’évite Cocotte, plein d’un humour chaplinesque. On n’y rit pas à gorge déployée ; mais on regarde ce film et ses situations souvent cocasses le sourire aux lèvres. On pense avec admiration au temps qu’a dû passer l’équipe du film pour obtenir de ses « actrices » (huit poules, dûment créditées au générique, ont été utilisées dans le rôle titre) ce que le script exigeait d’elles.

Si on est intellectuel, on pourra penser à la cruauté de l’élevage industriel (la première séquence filmée dans une batterie entièrement automatisée est particulièrement impressionnante) et au drame des migrants et aux trafics qui y sont associés. Mais, sans l’évocation de ce sous-texte sociétal, on pourra au premier degré prendre beaucoup de plaisir au road movie et aux aventures tragico-comiques de ce sympathique gallinacé.

La bande-annonce

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