Le Dernier Vrai Samouraï ★☆☆☆

Shinzaemon Kosaka est un samouraï du clan Aizu qui se bat à la fin de l’époque Edo pour le shogun. Lors d’un épique combat au sabre, Kosaka est mystérieusement projeté dans le temps à l’époque contemporaine. Il débarque sur le tournage d’un film historique où son accoutrement et sa pratique du sabre lui donnent une crédibilité étonnante.

Ce film japonais a connu un étrange destin. Réalisé avec trois bouts de ficelle par une bande d’amis sous la direction d’un réalisateur néophyte, il a dépassé le milliard de yens de recettes en salles, soit quarante fois son budget. Ce succès national a entraîné sa sortie à l’étranger, aux États-Unis d’abord, sous le titre A Samurai in Time, puis en France dans quelques salles. Un public nombreux et enthousiaste s’y presse. J’ai bien failli ne pas trouver de places dans la salle 37, comble, de l’UGC des Halles.

Le Dernier Vrai Samouraï joue sur le voyage dans le temps, façon Hibernatus ou Les Visiteurs, et la stupéfaction qu’il crée chez ceux qui en font l’expérience déroutante. Bien évidemment, la situation est l’occasion de quelques scènes cocasses où on partage la stupéfaction et l’incompréhension de Kosaka quand il découvre le Japon du XXIème siècle, cent-quarante ans après la chute du shogunat à la défense duquel il avait consacré sa vie.

Mais l’essentiel du film n’est pas là. Il s’agit plutôt d’un hommage rendu à un genre bien précis, le jidaigeki, un lointain cousin japonais de nos films de cape et d’épée, mettant en scène des samouraïs pendant la période Edo. Le jidaigeki, longtemps populaire, est un genre en désaffection. Et Kosaka, qui est recruté comme cascadeur sur le tournage de plusieurs séries, en est à la fois l’acteur et le témoin.

On aurait volontiers imaginé que le film joue sur l’idée de la perte des valeurs portées par les samouraïs et de leur nostalgie. Mais, cette idée là restera à l’arrière-plan au détriment d’une bifurcation dans le scénario avec le tournage d’un grand film avec le plus célèbre acteur de jidaigeki, Kyoichiro Kazami, dont Kosaka découvrira bientôt le secret des origines. La seconde moitié du film est l’histoire de la relation entre les deux hommes et de leur complicité grandissante jusqu’au combat final qui les oppose devant les caméras.

Le film est trop long – il dure plus de deux heures. L’exotisme de ses débuts se dissipe bien vite. Certes, on passe un moment distrayant devant ce film original. Mais la mise en scène et le scénario sont trop sages pour laisser une marque durable.

La bande-annonce

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