
Amziah King (Matthew McConaughey) est apiculteur dans un coin paumé de l’Oklahoma. Veuf, de santé déclinante, il n’en mène pas moins, avec la bande de marginaux qui l’entourent une vie trépidante. La musique est sa passion. Son chemin croise celui de Kateri (Angelina LookingGlass), une jeune femme que sa femme et lui avaient accueillie lorsqu’elle était adolescente.
Oklahoma Honey est un film très bizarrement construit qui oscille entre plusieurs genres. Sa bande annonce ne laisse pas augurer sa richesse. C’est durant toute sa première partie un documentaire qui nous introduit dans un monde exotique, le Deep South avec sa musique bluegrass et ses personnages qu’on dirait tout droit sortis d’un roman de Faulkner ou de Mark Twain avec leurs trognes pas possibles et leurs accents incompréhensibles. C’est ensuite, après un événement qu’on taira et dont on se demande comment il a pu passer les fourches caudines d’une production hollywoodienne, un western, un film noir, un film de braquage avec son intrigue emberlificotée et son méchant plus vrai que nature (Kurt Russell, icône indéboulonnable des plus grands nanars de notre adolescence).
L’ensemble peut dérouter comme peuvent lasser certaines affèteries de mise en scène qui louchent du côté du clip vidéo. Sa construction peut dérouter avec ses coups d’accélérateur, ses coups de frein, ses sorties de route. Mais on ne s’ennuie jamais même si la durée d’Oklahoma Honey excède les deux heures. Et surtout, comme dans les aventures de Tom Sawyer, ce film baigne dans une atmosphère tellement sympathique qu’on ne peut résister à sa bienveillante contamination.