Les Héros du Louvre ★☆☆☆

Babi Maklouf Benhamou (Kad Merad), juif algérien installé à Paris au début des années 1930 avec sa femme Lucie (Marie Gillain) et leurs six enfants, a décroché un poste de gardien de nuit au Louvre. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate et que les Allemands sont sur le point d’arriver à Paris, il se voit confier par le directeur du musée (Bernard Lecoq) un camion rempli d’œuvres d’art. À charge pour lui de partir en zone libre, à Pau, pour les mettre à l’abri.

Elie Chouraqui raconte l’histoire de son grand-père maternel. C’est son propre personnage qu’il met en scène, en 1970, dans le rôle du petit-fils de Babi, du fils cadet d’Yvette et de Jacques, au chevet du grand-père dont il recueille avant la mort le témoignage. Né en 1950, Elie Chouraqui avait alors vingt ans.

On imagine volontiers l’investissement personnel du réalisateur – qui n’avait pas tourné depuis plus de dix ans – dans ce projet qui le touche de si près. Il y raconte les efforts héroïques de son grand-père pour sauver les chefs d’œuvre dont il a la charge – travestissant l’histoire, lui passe même entre les mains La Joconde (qui avait quitté Paris pour Chambord dès août 1939) – et pour protéger sa famille. Aux côtés de Kad Merad, décidément abonné à ce genre de rôle jusque là réservé à Gérard Jugnot, on a la surprise de voir Marie Gillain, dont on se dit qu’elle est trop jeune pour le rôle, mais dont on découvre avec effroi qu’elle vient de passer le cap de la cinquantaine.

Elie Chouraqui est comme souvent victime de son enthousiasme. Son film est excessif. Trop de bons sentiments, trop de situations tirelarmesques, trop de situations paroxystiques et de personnages caricaturaux (Jean-Hugues Anglade, méconnaissable, fait un excellent méchant, veule à souhait). Certes, on ne regarde pas une seule fois sa montre. Certes on verse sa petite larme aux moments tragiques et aux moments heureux. Mais, dans la filmographie si riche sur l’époque (avec rien que cette année Les Rayons et les Ombres, le diptyque La Bataille De Gaulle et dans quelques jours l’excellent Notre salut), Les Héros du Louvre, qui aurait pu être filmé à l’identique il y a vingt ou trente ans, n’apporte rien.

La bande-annonce

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