Le Garçon qui faisait danser les collines ★★☆☆

Ahmet a quinze ans. Il a un petit frère, Naim, qui s’est muré dans le silence depuis la mort de leur mère. Le père des deux garçons, un rude paysan, retire Ahmet du collège pour lui confier la garde des brebis. Mais Ahmet n’a pas la vocation de devenir gardien de troupeau. Il a une passion, la musique, qu’il partage avec Aya, la fille de ses voisins, qui prépare avec ses amies une performance pour le prochain festival folklorique et que son père souhaite marier avec un cousin bas du front, émigré en Allemagne.

On ne parle pas souvent de la Macédoine du nord – sauf, bien sûr, si on est passionné de tennis de table et qu’on a suivi la semaine dernière le WTT Contender de Skopje et la jolie perf en seizième de Charlotte Lutz (#104) contre « Bernie » Szocs (#25). Si je n’avais pas eu la chance d’être invité il y a quelques années à la table de notre ambassadeur à Skopje avec le gratin des réalisateurs macédoniens, je n’aurais guère prêté attention à son cinéma. J’en suis reparti avec l’intégrale des oeuvres de Milčo Mančevski, Lion d’or à Venise en 1994 pour Before the Rain.

Le Garçon qui faisait danser les collines avait un titre original, DJ Ahmet, qui aurait pu être conservé à l’identique. Mais on excusera les distributeurs français qui lui ont substitué un titre poétique en diable. C’est le premier film de Georgi Unkovski. Il a été tourné dans le sud-est du pays au cœur de la communauté yörük, une minorité turcophone musulmane. Il a valeur documentaire comme l’avait avant lui Honeyland, un documentaire nord-macédonien sélectionné aux Oscars en 2020 sur la vie d’une vieille apicultrice.

Son scénario est cousu de fil blanc. On sait par avance qu’Ahmet va se réconcilier avec son père, Naim recouvrer la parole et Aya échapper au mariage forcé auquel elle était promise. Seul suspense dont le dénouement déjouera nos pronostics : Ahmet et Aya tomberont-ils dans les bras l’un de l’autre ?

Le charme de ce film dépaysant ne réside pas dans son scénario bien faiblard mais dans l’exotisme de ses décors et dans l’ironie de ses situations, à mi-chemin des joyeuses soulographies de Kusturica et du Cochon de Gaza.

La bande-annonce

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *