
Anker (Nikolaj Lie Kaas) a passé quinze ans sous les barreaux pour un hold-up qui a mal tourné. À sa libération, il compte bien récupérer le magot qu’il avait confié à son frère. Mais Manfred (Mads Mikkelsen) souffre de trouble dissociatif de l’identité et refuse de dire à son cadet où il a enterré le trésor.
Le Danois Mads Mikkelsen mène une étonnante carrière, entre Hollywood qui lui confie souvent des rôles de tueur psychopathe (le méchant de Casino Royale, la série Hannibal…) et le Danemark où il revient tourner avec ses potes des petits films sympathiques, dont Drunk reste le modèle indépassable au succès légitime.
The Last Viking appartient, sans prétention, à cette seconde catégorie. Il est l’œuvre d’Anders Thomas Jensen dont j’avais particulièrement aimé l’humour macabre des Bouchers verts (2003) un film sorti dans l’anonymat et devenu culte.
The Last Viking mélange les genres : film de braquage avec sa sacoche de billets et ses gangsters patibulaires (une mention particulière au personnage de Flemming), réunion façon Vol au dessus d’un nid de coucou de schizophrènes évadés de l’asile et habités de multiples personnalités (repérez dans le générique de fin la mention du personnage de Paul/George/ Davy Crockett/Himmler !), anamnèse familiale façon Festen de souvenirs traumatisants trop longtemps enfouis…
Interdit aux moins de douze ans, The Last Viking manie un humour trash et sanguinaire. Mads Mikkelsen y est, comme d’habitude, impressionnant dans le rôle d’un frère traumatisé, persuadé d’être la réincarnation de John Lennon en dépit de son talent médiocre pour la guitare et pour le chant. The Last Viking souffre hélas, à mon avis, d’un défaut : une fois le décor planté, les personnages caractérisés, l’enjeu autour duquel le film s’organise exposé, rien dans sa seconde moitié, qui se déroule dans la maison reculée des parents d’Anker et de Manfred/John, ne dépasse qui n’ait déjà été raconté dans sa première, y inclus son épilogue trop prévisible.