Primetime ★☆☆☆

To Catch a Predator est une émission américaine de télé-réalité que NBC diffusa entre 2004 et 2007. Son sujet : piéger des pédophiles sur le Net, les appâter à un faux rendez-vous et les démasquer en direct avant leur arrestation par la police. Christian Hansen (Robert Pattinson) fut le présentateur vedette de cette émission .

La bande-annonce de Primetime avait de quoi intriguer. Fiction ? Vrai-faux mockumentaire ? Le jeune réalisateur Lance Oppenheim vient du documentaire. Il en a consacré un aux communautés de seniors de Floride (Some Kind of Heaven), un autre au marché en ligne clandestin des dons de sperme (Spermworld). L’histoire de Catch a Predator et de son présentateur-vedette, qui défraya la chronique, ne pouvait que l’attirer. Confier le rôle de Chris Hansen à Robert Pattinson ajoutait du piment à l’exercice.

Le résultat est maladroit. Revient dans toutes les critiques le même reproche : Primetime, qui se veut une critique à charge de la téléréalité et du voyeurisme, tombe dans les travers qu’il entend dénoncer. Le reproche est fondé.

Pour autant, ce n’est pas ce qui m’a le plus déplu dans ce film. Au premier chef, c’est sa construction que je déplore. Selon moi, Primetime aurait dû se focaliser sur Chris Hansen. Le personnage, présentateur ambitieux assoiffé de reconnaissance, bourreau de travail, époux aimant mais infidèle, était suffisamment complexe pour lui consacrer un film. D’autant que le rôle était confié à une star (sur)investie comme Robert Pattinson, le chouchou de ses dames, dans un rôle à total contremploi.

Mais hélas, le scénario prend des chemins de traverse en voulant à tout prix donner de l’ampleur à deux personnages qui auraient dû rester secondaires. Le premier est le jeune acteur recruté pour servir d’appât. Dan Plumb a vingt-trois ans ; on lui demande d’en paraître dix de moins. Il est à la fois ravi d’avoir décroché ce rôle mais inquiet de l’impasse dans laquelle il craint de s’enfermer. Le second est la productrice de l’émission qui souffre d’être invisibilisée par son producteur vedette et qui hésite à céder aux sirènes d’une chaîne concurrente qui voudrait la débaucher.

Ces deux personnages secondaires ne sont pas sans intérêt. Au contraire. Mais leur complexité fait de l’ombre à ce qui aurait dû rester le sujet unique de ce film : son présentateur et ses démons cachés.

La bande-annonce

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