
Jérémie Renier était un ami très proche de Gaspard Ulliel. Sa mort en janvier 2022 l’a dévasté. Pour faire son deuil, l’acteur belge s’est lancé corps et âme dans un projet hors normes : accompagner l’explorateur Loury Lag sur l’océan Arctique gelé, au large de l’Alaska et du Canada.
D’un monde à l’autre – dont je ne suis pas sûr d’avoir compris le titre – pourrait être un documentaire sur un exploit sportif avec son lot d’images saisissantes et sa morale galvanisante : l’homme est capable de repousser ses limites. Mais, Jérémie Renier y greffe une autre histoire, celle de son deuil douloureux. Cette dimension là – « quand le voyage devient renaissance » – ne nous épargne pas un pathos lourdement démonstratif. Ajout sans doute superflu : l’histoire nous est racontée en voix off par Jérémie Renier lui-même.
Jérémie Renier y greffe aussi le portrait d’un sacré loustic, ce Loury Lagardère, alias Loury Lag, dont Wikipedia nous dit que la page qui lui est consacrée semble être une page autobiographique ou autocentrée qui nécessite des références supplémentaires pour vérification. Au milieu du film, une révélation dont on ne dira rien pour ne pas la divulgâcher, aurait pu donner au récit édifiant une autre dimension. Les esprits malins ajouteront que si tel avait été le cas le film ne se serait sans doute pas fait. Mais hélas, ce documentaire paresseux ne fait rien de cette révélation et termine le récit comme si rien ne s’était passé et comme on pouvait, depuis la première minute, s’attendre à ce qu’il se termine.