
Dans un Paris uchronique et gay friendly, Lucien est le fils introverti d’une mère toxique à laquelle il n’a jamais osé avouer son homosexualité. Son idole est Jim Parfait, un célèbre influenceur aux pectoraux en acier et aux abdos en béton. Le fan et son idole se rencontrent dans une soirée au moment où éclate une épidémie d’hétérose. Pour trouver un remède à la maladie qui décime la communauté gay et stigmatise les hétéro-positifs, Lucien et Jim partent sur les traces du mystérieux docteur Ragoult qui possèderait un antidote.
Jim Queen est un dessin animé pour adultes réalisé par Bobbypills un studio d’animation français. Avec un soin documentaire, la communauté gay parisienne nous est présentée dans sa grande diversité avec toutes ses chapelles, souvent concurrentes. Cette présentation a été pour moi l’occasion d’élargir mon vocabulaire à beaucoup d’anglicismes méconnus : les bears, les BDSM, les drags, les twinks, les kiffeurs, les chem-sexs…
Lucien et Jim forment un attelage disparate de deux contraires comme on en voit souvent. La recette est éculée ; elle n’en reste pas moins efficace. Leur duo est complété par Nina, une copine noire en surpoids. Le film s’autorise quelques coups de griffe bienvenus : pour Christine Boutin, caricaturée sous les traits de la mère homophobe de Lucien, en croisade contre les déviances homosexuelles, et pour le docteur Raoult, savant fou et professeur Nimbus adepte de méthodes peu orthodoxes. Les clins d’oeil sont nombreux : à la Manif pour tous, au Sida, à la Gay Pride, aux thérapies de conversion… Tout le monde en prend pour son grade : la beaufitude des hétéros, adeptes de foot et de bal musette, la superficialité des homos…
Son sujet est, tout bien considéré, très cucul la praline : c’est une ode LGBTQIA+ au droit à la différence et à l’amour sous toutes ses formes, contre l’homophobie. Mais c’est au premier degré qu’il faut prendre cette comédie hilarante et volontiers trash qui n’hésite pas à se moquer de son propre sujet. Je ne me suis pas remis de l’apparition, hélas divulgâchée par la bande-annonce, de Philippe Katerine en… prostate !