
Rose (Marie Bloching) a toujours été très proche de son frère aîné Sami. C’est chez lui qu’elle débarque et qu’elle s’installe après une rupture amoureuse. Mais sa confiance est mise à rude épreuve lorsque Sami est accusé de viol et que Rose est convoquée à la police pour témoigner.
Voici, sur le papier, un sujet passionnant, d’une actualité brûlante à l’ère #MeToo. Comment réagirions-nous si un membre de notre famille, un ami très proche était accusé de viol ? Notre confiance en lui serait-elle ébranlée ? Nous sentirions-nous trahis ? Le défendrions-nous devant la justice au nom des liens anciens et forts qui nous relient à lui ? Jusqu’où irions-nous dans le travestissement de la vérité ? Ou bien au contraire, au nom de la vérité, renierions-nous froidement ces liens ?
The Good Sister (titre international de Schwesterherz que les distributeurs français auraient pu joliment et fidèlement traduire « sœur de cœur » plutôt que d’utiliser un titre anglais pour un film allemand) pose des questions douloureuses. Il se désintéresse de Sami, du crime qui lui est reproché et de l’enquête à charge et à décharge menée pour établir les faits pour se focaliser exclusivement sur Rose.
Le parti pris est cohérent ; mais il conduit le film dans une direction déconcertante qui nous éloigne du violeur et du viol. Ainsi The Good Sister traverse-t-il un ventre mou lorsqu’on voit Rose prendre des cours de dessin, poser nue devant ses camarades et enfin ébaucher une liaison amoureuse dont on ne comprend pas s’il s’agit pour elle d’une diversion aux tourments qu’elle traverse ou au contraire si elle entend y reproduire, pour en tester la vraisemblance, le comportement prédateur de son frère.
Enfin The Good Sister est un premier film qui pèche par un excès d’austérité. Certes, le sujet n’est pas léger. Mais la réalisatrice n’était pas tenue pour autant à ce parti pris auteuriste et minimaliste qui n’avait pas besoin de ça pour qu’on le prenne au sérieux.