La Frappe ★★☆☆

Enzo et sa soeur Carla ont eu une enfance cabossée. Alors qu’ils entrent péniblement dans la vie adulte, qu’Enzo a une petite amie, que Carla entre à la fac, leur père (Bastien Bouillon) sort de prison. Enzo l’accueille à bras ouverts ; Carlo au contraire refuse de le revoir. Un passé longtemps tu ressurgit.

La Frappe traite d’un sujet douloureux, que la bande-annonce divulgâche malheureusement, alors que le film ne le révèle que progressivement : quel héritage un père abusif laisse-t-il à ses enfants ? Enzo, trop tôt sevré de l’amour de ses parents, est en demande. Sa sœur, plus lucide que lui, sait ce que ce manque cache. La violence se transmet et Enzo en fera la douloureuse expérience.

Le sujet est servi par une interprétation hors pair. Bastien Bouillon fait ici la démonstration de la richesse de son talent : il excelle non seulement dans les rôles de gentil gars (comme on le verra la semaine prochaine dans Histoires de la nuit par exemple) mais sait aussi déployer un jeu ambigu dans les rôles de sale type comme ici. Il est accompagné de deux révélations. Bravo à la directrice de casting pour avoir déniché Diego Murcia et Romane Fringelli, pépites de talent brut.

Hélas ces deux qualités là sont pénalisées par deux défauts rédhibitoires. Le premier est une caméra qui a décidé à tout prix de filmer les corps au plus près. Au risque de la myopie. Le premier plan, à fleur de peau, annonce la couleur. La suite est à l’avenant. Conséquence : le spectateur passe le film à reculer dans son siège et à régler ses lunettes de vieux presbyte.

Autre défaut : le tempo trop mou d’un film qui ne dure qu’une heure quarante cinq mais qui semble pourtant bien long faute de rebondissements.

La bande-annonce

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