Wicker ★★☆☆

Une pauvre femme esseulée (Olivia Colman), que la mort de ses parents et son métier dégradant ont relégué aux marges de sa communauté, commande au vannier du village (Peter Dinklage) un mari d’osier. La créature (Alexander Skarsgård) qui se révèle un amant fougueux et un mari doux et prévenant a tôt fait d’exciter la jalousie de ses voisines.

The Wicker Man est un film iconique de 1973 qui a initié un genre : le folk horror. Il n’a quasiment rien à voir avec ce film-ci sinon son titre très proche qui renvoie à l’osier dont le dieu païen de 1973 et la créature frankensteinienne de 2026 sont faits.

Avec Wicker, adapté d’une nouvelle de l’autrice anglaise Ursula Wills-Jones, on est loin du folk horror et du côté du conte volontiers satirique et intemporelle. Wicker se déroule dans un petit village anglais au Moyen Âge, au sein d’une communauté que rien ne semble relier au monde extérieur. Cette communauté pas vraiment hiérarchisée est constituée d’hommes et de femmes anonymes qui s’adressent l’un à l’autre en utilisant l’intitulé de leur profession : le tailleur, le boucher, le boulanger… Cette communauté strictement patriarcale place les femmes dans une position subordonnée et les ravale à leur statut d’épouse et de mère.

C’est contre ces règles que l’héroïne, solitaire et excentrique, s’érige. Elle le fait en instillant au récit une dimension fantastique qui fait tout son sel : pour narguer ses voisins et pour combattre sa solitude, elle passe commande au vannier d’un homme d’osier. Sa constitution mis à part, ce sera un homme comme un autre, sinon qu’il se révèle exempt des défauts rédhibitoires qu’accumulent tous les mâles du village : l’ivrognerie, la forfanterie, la brutalité et par dessus tout le machisme qui les conduisent à considérer les femmes comme des inférieures et à traiter la leur comme leur servante.

La charge est drôle. Mais au mitan du film, quand le cadre semble avoir été posé, quand le si séduisant homme d’osier a trouvé sa place auprès de sa femme ravie, quand tout le village, étonné et envieux, ravale sa jalousie, on se demande de quoi sera fait sa seconde moitié. Le scénario sort de l’impasse dans laquelle on craignait qu’il s’encalmine et nous réserve quelques jolies surprises jusqu’à la scène finale.

Wicker ne laissera pas une trace marquante dans la mémoire de ses spectateurs et encore moins dans l’histoire du cinéma. Il n’en constitue pas moins un film ironique et sympathique, servi par une interprétation impeccable (quel bonheur de retrouver Peter Dinklage qu’on craignait qu’il se soit panthéonisé à tout jamais dans le rôle de Tyrion Lannister).

La bande-annonce

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