En 1994, le directeur de la Guardia civil (la police nationale espagnole), accusé de corruption, fuit le pays. L’Homme aux mille visages raconte l’histoire de sa traque et le rôle obscur qu’y joua Francesco Paesa, un ex agent secret.
L’Homme aux mille visages est un film à la croisée de plusieurs genres.
C’est d’abord un film historique qui se situe … en 1995. Pour moi, 1995 n’a rien d’historique. C’était hier. Avant-hier si vous insistez. Alberto Rodriguez filme ce temps-là comme si c’était les années 70. Comme le Carlos de Assayas. Avec des vieilles voitures, des costumes démodés, des postiches ridicules. Et moi de me demander si, en ces temps lointains où je possédais encore une dense chevelure, j’avais une telle dégaine avec mon gros téléphone portable coincé à l’oreille…
C’est ensuite un film d’espionnage qui louche du côté de John Le Carré : La Taupe, Un homme très recherché, Un traître idéal… Avec une intrigue volontairement dense mais toujours lisible, une pléiade de seconds rôles, une narration bien rythmée.
Comme chez Le Carré, mais avec une ironie que le maître britannique n’a jamais eu, c’est enfin un film volontiers grinçant où les personnages se moquent d’eux-mêmes avec un cynisme réjouissant. On s’attache à Luis, le fugitif trop amoureux pour supporter de rester planqué toute sa vie, à Jesús, le pilote de ligne que sa passion des femmes perdra, à Casturelli, l’homme de paille rongé par l’alcoolisme. Et surtout, on se prend de fascination pour Francisco qui cache sous un visage impassible un plan dont je vous laisse découvrir la rouerie aux multiples rebondissements.
Le concours Eloquentia désigne chaque année le meilleur orateur parmi les étudiants de Paris 8 et les habitants de Seine-Saint-Denis. Une formation y prépare qu’animent un avocat, une dramaturge, un slameur…
Le Gondwana est une petite république africaine moins démocratique qu’elle ne se prétend. Sa devise : Loyauté – Allégeance – Prison. Son drapeau : deux hippopotames prêts à gober une couronne sur fond jaune et blanc. Son Président-fondateur décide de briguer un troisième mandat. Un petit groupe d’observateurs occidentaux est mandaté pour donner sa caution à ce processus électoral contestable.
J’ai tout détesté dans « Le Casanova de Fellini » : le libertinage triste, le scénario répétitif, les monstres chers à Fellini, le titre narcissique….
L’extrême sud du Chili, en Patagonie, est une terre ingrate dont les colons ont jadis chassé les habitants pour y exploiter l’or blanc, le mouton, sa viande, son cuir, sa laine.
Tout – ou presque – est dans l’affiche. D’abord le titre : Je danserai si je veux qui sonne comme un slogan féministe. Ensuite la photo de trois femmes. L’une porte le voile. Les deux autres boivent et fument. Enfin à l’arrière plan, une ville, dont on sait depuis Richard Bohringer que c’est beau la nuit.
La Lady Macbeth du district de Mtsensk est une nouvelle écrite en 1865 par un auteur russe aujourd’hui tombé dans l’oubli. Elle inspira Chostakovitch qui en fit un opéra en 1934 et Andrzej Wajda qui en fit un film en 1961. Venu du théâtre, William Oldroyd transpose ce court roman dans l’Angleterre victorienne.
Jean (Tahar Rahim) a trouvé un petit boulot d’assistant auprès de Stéphane (Olivier Gourmet) qui vit reclus, avec sa fille (Constance Rousseau), dans une grande demeure de la banlieue parisienne. Cet ancien photographe de mode y reproduit l’ancienne technique du daguerréotype qui exige de ses modèles d’interminables séquences de pose.
Elles sont brillantes. Elles sont intelligentes. Elles sont ambitieuses. Grâce à la mathématicienne Katherine Johnson, à la physicienne Mary Jackson et à l’informaticienne Dorothy Vaughan, la NASA enverra un homme dans l’espace.
J’avoue un penchant coupable pour les films de Claude Lelouch. J’en aime l’énergie débordante, le romantisme échevelé, le rythme endiablé, les intrigues polyphoniques, la musique envahissante, les dérapages pas toujours contrôlés. J’ai pour eux une indulgence excessive qui me conduit fidèlement à les voir à leur sortie au cinéma alors que les spectateurs les boudent et la critique les ignore.