
Un gendarme corse, Fulda Orsini (Alexis Manenti), est muté à Vouviers, dans les Ardennes, pour des motifs que son binôme (Vincent Dedienne) découvre vite : Orsini souffre d’une grave dépression et est sous le coup d’une sanction disciplinaire. Au même moment, une psychologue, Florence Danjir (Ella Rempf), est elle aussi affectée dans la brigade dirigée par le capitaine Marchal (Bertrand Belin). Ce village de l’Argonne, en lisière d’une forêt peuplée de féroces sangliers, voit s’opposer les chasseurs aux agriculteurs.
Présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2026, L’Espèce explosive est le premier long-métrage de Sarah Arnold. Il se revendique au croisement de plusieurs genres : le polar rural (son fil directeur est l’enquête menée autour de la disparition d’un criminel), la satire sociale voire la comédie perchée (sa scène la plus réussie est celle du trip sous acide d’Orsini et Danjir).
Alexis Manenti est en train de se tailler une place au sommet de l’affiche, capable à lui seul de porter un film sur ses épaules. Il sait à la fois être ordinaire et étrange. Pourtant, je ne l’ai pas trouvé ici si bon. La faute à son jeu ou à son rôle ? J’ai été plus enthousiasmé par Ella Rumpf, César 2024 de la meilleure révélation féminine pour Le Théorème de Marguerite qu’on a revue depuis dans Des preuves d’amour et dans Coutures qui administre ici la preuve de l’amplitude de son jeu.
L’Espèce explosive est un film original. Pour autant, il m’a laissé une impression de « tout ça pour ça ». J’ai trouvé l’exercice un peu vain, à l’instar d’ailleurs de plusieurs films qui lui ressemblent, lesquels à force de flirter avec le cinéma de l’absurde, finissent par s’y enliser : Animal Totem avec Samir Guesmi, Perdrix dans une brigade de gendarmerie perdue au fond des Vosges ou certains films bâclés de Quentin Dupieux (Mandibules, Rubber….)