
Justin (Alban Ivanov) est un brave métayer qui, de sa vie, n’était jamais allé plus loin que le bout de son champ avant d’être arrêté par les gendarmes et envoyé sur le front. Plongé dans l’enfer de la Première guerre mondiale, il ne comprend rien aux enjeux et aux protagonistes d’un conflit qui le dépasse. Il sauve un aviateur allemand, le ramène à un régiment allemand qui l’accueille en héros avant de le soupçonner d’être un espion. Il partage ensuite la cellule d’un tirailleur sénégalais (Birane Ba) avant de regagner les lignes françaises où il refuse de remonter au front et manque d’être fusillé pour l’exemple.
Eric Barbier a eu une carrière chahutée. À trente ans à peine, il se voit confier le plus gros budget de l’histoire du cinéma français pour tourner avec Jean-Marc Barr, auréolé du succès du Grand Bleu, une superproduction. Hélas Le Brasier est un four. La carrière d’Eric Barbier s’achève aussi vite qu’elle a commencé. Le jeune réalisateur se tourne vers la publicité avant de revenir récemment au cinéma. En 2017, il signe l’adaptation du roman de Romain Gary, La Promesse de l’aube, avec Charlotte Gainsbourg. En 2020, il signe celle du roman à succès de Gaël Faye, Petit Pays.
Le voici à la tête d’un film historique dont on se demande bien comment ses producteurs rembourseront les 8.66 millions qu’ils y ont investis. Qui ira voir ce film, sorti au milieu d’une programmation si riche ce mois-ci, avec des films aussi divers et aussi exceptionnels que Garance, Rose, La vie d’une femme, Salvation, Pressure, Adieu monde cruel… ? Il ne présente aucune originalité à filmer une Première Guerre mondiale qui l’a été autrement mieux par Jeunet (Un long dimanche de fiançailles), Bertrand Tavernier (La Vie et rien d’autre), Sam Mendes (1917) ou Albert Dupontel (Au-revoir là-haut) ; il ne contient aucun message sinon un antimilitarisme bisounours qui ne résonne plus guère avec l’air du temps, prompt à s’enflammer au diptyque La Bataille De Gaulle.