
Vera Brandes a dix-huit ans à peine et un toupet fou. Rien ne lui résiste, sauf peut-être son père, un dentiste installé qui se désespère qu’elle soit moins assidue à ses cours au lycée qu’aux concerts de jazz qu’elle fréquente assidûment. Vera s’est improvisée impresario. Et, par un hasard de circonstances, c’est à elle qu’échoit la responsabilité d’accueillir le pianiste Keith Jarrett à Cologne en janvier 1975 pour l’organisation d’un concert voué à entrer dans la légende.
Au rythme de Vera est la traduction française insipide de Köln 75. Le titre allemand fait écho à plusieurs séries allemandes : Berlin 56 et sa suite Berlin 59, Deutschland 83 et ses suites Deutschland 86 et Deutschland 89. Comme elles, c’est un film historique qui ressuscite une époque : celle de Fassbinder et des années 70 où la sage RFA étouffait à force d’expier les crimes de ses pères. Il focalise le film sur l’événement qui en constitue le moyeu : le concert mythique donné par Keith Jarrett, improvisateur de génie, à l’opéra de Cologne en 1975.
C’est d’ailleurs cet argument-là qui m’a conduit à voir ce film. Comme tous les amateurs de jazz qui connaissent mal le jazz, je place Keith Jarrett et son Köln Concert au sommet de mon panthéon.
Or, c’est Vera qui est au centre du film. La vraie Vera Brandes aujourd’hui sexagénaire a d’ailleurs participé à l’écriture du scénario. C’est une fille portée par une énergie folle, qui rappelle l’héroïne de Cours, Lola, cours (encore une traduction d’une rare élégance !), toujours en mouvement. Dans la même tenue, tellement seventies, que celle qu’on voit sur l’affiche, elle passera la soirée du 24 janvier 1975 à courir pour parer au plus pressé : trouver un piano, convaincre le pianiste, épuisé par plusieurs jours de tournée et paralysé par une lombalgie, de monter sur scène….
On le sait par avance : Keith Jarrett montera sur scène, dût-il jouer sur un piano d’étude fatigué dont il n’aimait pas les aigus, ce qui le conduisit à se cantonner dans un registre plus grave qu’à son habitude. Le concert tant attendu par les protagonistes comme par les spectateurs marquera la fin du film. La façon dont le réalisateur Ido Fulk le filme est maligne.
Noyé dans une programmation qui le condamne à l’invisibilité, Au rythme de Vera risque de passer inaperçu. Ne le ratez pas !





Sandra (Valéria Bruni Tedeschi), quinquagénaire féministe, célibataire et indépendante, se retrouve bien malgré elle impliquée dans la vie de son voisin Alex (Pio Marmaï) dont l’épouse décède brutalement en donnant naissance à une petite fille. La défunte laisse à Alex un orphelin, Elliot, né d’un premier mariage avec un amour d’enfance (Raphaël Quenard). Elliot, traumatisé par la mort de sa mère, reporte son affection sur sa voisine tandis qu’Alex peine à se reconstruire.
Le 5 septembre 1972, à Munich, un commando palestinien a pénétré dans le village olympique et y a pris en otage des athlètes israéliens. L’événement a marqué les esprits. Il a endeuillé les Jeux olympiques. Il a visé des Juifs alors que l’organisation des Jeux à Munich visait à effacer le souvenir sinistre des Jeux de 1936 à Berlin. Cette action retentissante a vulgarisé un mode d’action qui hélas est devenu de plus en plus fréquent dans les années suivantes : le terrorisme.
Rubens Paiva, sa femme et ses cinq enfants coulent des jours heureux à Rio de Janeiro. Mais le Brésil est gouverné depuis 1964 par une dictature militaire et l’ancien député, revenu à la vie civile, est étroitement surveillé par la police, qui le suspecte de soutenir l’opposition en exil. Un matin, des hommes l’interpellent à son domicile. Commence pour son épouse, qui passe elle aussi douze jours dans les geôles de la police militaire, une longue attente traumatisante.
Soo-ha est une jeune métisse franco-coréenne, élevée seule par sa mère à Sokcho, un petit port sur la côte orientale de la Corée du sud. Après avoir bouclé des études de lettres, elle épaule le patron, veuf depuis peu, d’une modeste pension de famille. C’est là que débarque Yann Kerrand (Roschdy Zem), un dessinateur français en panne d’inspiration. À la demande du patron, Soo-ha va lui servir de guide.