
Un matin qui n’a rien de beau, un père réveille ses deux enfants, Emma, neuf ans et Charlie, six ans et quitte sa maison lourdement hypothéquée et la Californie. Avec leur chien Rex, la famille s’embarque dans un cabriolet hors d’âge pour un long voyage vers une destination inconnue.
Sur la route d’Omaha, traduction pataude du titre original plus sobre, Omaha, semble accumuler tous les clichés du road movie américain : paysages à couper le souffle, arrêts aux stations-service, musique sursignifiante…
Il fait le pari audacieux de l’anti-héroïsme et de l’anti-spectaculaire. Rien de particulier ne se déroule durant ce long road trip. Mais son apparente banalité laisse bien des questions ouvertes. Que cache ce père mutique ? L’immense désarroi provoqué par la disparition de sa femme ? Une paupérisation qui le laisse sans un rond ? Une violence enfouie qui va se retourner peut-être contre ses propres enfants ? Que comprend sa petite fille, si intelligente, si sensible, des tourments de son père ?
Le film, sur la corde raide, réussit le pari minimaliste de ne rien expliquer avant son tout dernier carton qui laisse le spectateur abasourdi. Il a l’intelligence de le faire dans un format très bref, une heure vingt-trois seulement, et serait devenu vite ennuyeux s’il avait été plus long.
Sur la route d’Omaha ne paie pas de mine. C’est en apparence un petit film comme on en a déjà vu si souvent, furieusement indie, de ceux dont Sundance fait son miel. Mais par sa forme et par son fond, c’est un film qui laissera en moi une trace durable.