
Judith (Anouk Grinberg) fait ses cartons. Elle ferme son cabinet médical, situé au 23e étage d’une tour de banlieue à Nancy, quitte l’appartement qui le jouxtait et prend sa retraite. C’est précisément le jour où sonne à sa porte Aïda (Luàna Bajrami), une jeune femme enceinte de huit mois sous l’emprise d’un compagnon violent (Félix Lefebvre).
Belle affiche, beau sujet… et au final cruelle déception ! Jetez un œil à la bande-annonce : elle vous dévoilera déjà tout le film en vous racontant comment Judith, Tatie Danielle cachant sous ses airs revêche un grand cœur, va prendre sous son aile Aïda, va réaliser la menace que fait peser sur elle son compagnon et va l’aider à accoucher à son domicile. Je ne spoile rien ! Tout est déjà dans la bande-annonce.
Mais la déception ne vient pas seulement de cette bande-annonce divulgâcheuse. Elle vient surtout d’Anouk Grinberg, qu’on avait découverte il y a près de quarante ans devant la caméra de Bertrand Blier et dont on a appris depuis quelle relation toxique elle a vécue avec son mentor. Après une longue éclipse, la soixantaine fièrement revendiquée, on l’a vue dans des seconds rôles dans des films aussi réussis que La Nuit du 12 et L’Innocent.
Elle est en tête d’affiche de ce premier film. Le problème est qu’elle y joue une caricature d’elle-même, une femme acerbe et de peu de mots, murée dans ses silences et dans sa douleur. Pendant dix minutes, on est surpris et admiratif. Au bout d’un quart d’heure, ce jeu monotone devient vite horripilant. C’est d’autant plus dommage que son personnage envahissant éclipse ceux interprétés par ses excellents acolytes, Luàna Barjami et Felix Lefebvre.
Quant au scénario, qui a l’élégance de tenir en une heure vingt à peine, il accumule les incohérences au risque de perdre toute crédibilité.