
Etudiante en Belgique, Elsa revient au Costa Rica. Elle y retrouve sa sœur cadette Amalia. La jeune femme, hantée par des visions, laisse la maison familiale, qu’elle ouvre aux tout venants, tomber dans l’abandon. Leurs parents se désintéressent du sort d’Amalia : son père entretient une liaison avec une ancienne étudiante aussi jeune qu’elle, sa mère, une poétesse renommée, fait la promotion de son premier livre, une réédition de ses poèmes érotiques de jeunesse.
Valentina Maurel est une réalisatrice franco-costaricienne. Son père est un écrivain français, sa mère une célèbre poétesse costaricienne (l’un de ses vers, « Tu naîtras. Mais pour toujours je suis ton animal maternel », a inspiré le titre du film). Valentina Maurel a grandi au Costa-Rica avant de venir en France et d’étudier en Belgique. On mesure la part probable d’autobiographie qu’elle a mise dans le personnage d’Elsa.
Ton animal maternel dissèque les trois personnages féminins, leurs trajectoires individuelles et la relation intime qui les unit au-delà de leurs différences. Elsa est une femme raisonnable, trop peut-être, qui étouffe ; Amelia est un personnage border line que sa folie douce menace de faire déraper ; Isabel, la mère, est des trois la plus complexe. Elle veut à tout prix conserver une jeunesse qui la fuit, est lucide sur le manque d’audience de son art, entretient avec ses deux filles une relation contrariée.
Sans doute l’écriture et le tournage de ce film ont-ils constitué pour Valentina Maurel une catharsis bénéfique. Mais le spectateur, faute d’y trouver sa place, court le risque de vite s’en désintéresser.