
À Paris, en décembre 1990, un chef d’orchestre encensé, Alexandre Miller (Benoît Poelvoorde) donne une représentation en matinée à l’Opéra-Comique. Nathan Dinkel (Kad Merad) a fait le déplacement de Lyon pour l’écouter. Il veut à tout prix parler au maestro après la représentation. Il a un lourd secret à lui confier.
Alexandre Arcady porte à l’écran une pièce de théâtre de Didier Caron créée au festival d’Avignon en 2017 et jouée ensuite au théâtre Michel par Christophe Malavoy et Tom Novembre.
Tout respire l’artifice dans ce mauvais film. À commencer par son affiche surexposée devant un translucide de Montmartre – invisible depuis les fenêtres de l’Opéra-Comique – et sa fausse neige. Ensuite dans le contre-emploi de ses deux acteurs principaux aux rôles caricaturaux : Benoît Poelvoorde dans celui d’un chef d’orchestre acariâtre, insultant ses musiciens et aussi à l’aise dans la direction d’orchestre que moi dans une compétition de GRS, Kad Merad dans celui d’un « fâcheux » de comédie qui rejoue au moins quatre fois la scène du visiteur éconduit mais têtu.
Après avoir joué pendant trente minutes au jeu du chat et de la souris, dont on sait par avance comment il s’achèvera puisque la confrontation des deux protagonistes est inéluctable, le chef d’orchestre et son encombrant visiteur se retrouvent enfin face à face. Contre toute vraisemblance, ils sont seuls dans l’immense théâtre sans trace du moindre gardien. C’est le moment où le passé resurgit. Et, point Godwin de tous les films d’Alexandre Arcady, c’est inévitablement celui de la Shoah et de l’univers concentrationnaire mis en scène dans un flashback grandiloquent.
Desservi par une mise en scène sans âge et sans talent, Fausse Note fait un double pari qui s’avère perdant. La réunion de deux grands acteurs, aussi talentueux soient-ils et l’évocation de la Shoah ne sont les ingrédients ni nécessaires ni suffisants à un film réussi.