Une main coupée réussit à s’échapper du laboratoire où elle était conservée et à traverser la ville en en déjouant les embûches.
Pendant ce temps – ou peut-être quelques mois plus tôt – on fait la connaissance de Naoufel, un jeune Marocain qui rêvait de devenir concertiste et astronaute avant de quitter son pays natal pour la France. Hébergé par un oncle négligent, livreur de pizzas maladroit, il tombe éperdument amoureux de Gabrielle et réussit à se faire embaucher par son oncle menuisier pour se rapprocher d’elle.
J’ai perdu mon corps sort sur les écrans précédé d’une réputation louangeuse : présenté à la Semaine internationale de la critique à Cannes, prix du public à Annecy, plusieurs amis (poke Henri poke Florent) m’en ont fait l’éloge et passeront au crible ce que je vais en dire.
Qu’ils soient rassurés : je partage leur enthousiasme.
J’ai perdu mon corps est un film d’animation au scénario complexe. C’est l’adaptation d’un roman graphique de Guillaume Laurant, le scénariste attitré de Caro & Jeunet depuis La Cité des enfants perdus, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et Un long dimanche de fiançailles.
L’histoire entrelace trois fils narratifs en restant d’une parfaite lisibilité. Au présent, on suit sur un mode fantastique façon Franju une main coupée à travers Paris dans des séquences qui empruntent au cinéma d’action : cascades aériennes, poursuites au ras du bitume, plongée dans les sous-sols du métro… Au passé simple, on exhume l’enfance heureuse du jeune Naoufel au Maroc avant le drame fondateur. Au passé composé, on revit ses dernières semaines et l’histoire de son coup de foudre pour Gabrielle.
J’ai perdu mon corps fait souffler un vent frais dans le cinéma français. Son sujet inédit, son traitement toujours juste, l’élégance de la musique signée Dan Lévy emportent l’adhésion. Et l’histoire d’amour, aussi gnangnan soit-elle, des deux protagonistes a même réussi à faire fondre mon cœur de vieux scrogneugneu bientôt quinquagénaire. Que demander de plus ?
Lucius (Gérard Darmon) a soixante-treize ans. Atteint d’un mal incurable, la médecine lui prédit une mort imminente. Lucius vit seul dans un appartement modeste. Il n’a pour seule amie que Mona (Josiane Balasko), retraitée elle aussi, qui attend un hypothétique déménagement dans la maison de ses enfants.
Victor (Daniel Auteuil) est un vieux dessinateur de BD qui affiche volontiers sa détestation du monde qui l’entoure. Sa femme Marianne (Fanny Ardant) étouffe aux côtés de ce misanthrope. Cette brillante psychanalyste a pris un amant (Denis Podalydès) et finit par mettre son ami à la porte.
Oleg Nikitin atterrit à Bruxelles. Avec d’autres ressortissants de l’Europe de l’est, il travaille dans une boucherie de gros près de Gand. Mais, suite à un accident dont il est injustement accusé, il perd son emploi. Andrzej, un Polonais, accepte de l’héberger avec d’autres immigrés dans le pavillon qu’il est en train d’aménager. Mais la relation se tend avec le refus persistant d’Andrzej de payer à Oleg son travail.
Au début des années quatre-vingts, les juteux bénéfices engendrés par le commerce de l’héroïne exacerbent les tensions au sein de la mafia sicilienne. Membre du clan des Bontate, dont l’étoile pâlit face à celle des Corleonesi, Tommaso Buscetta s’expatrie au Brésil pour échapper à la Seconde guerre de la mafia qui fait rage. Deux de ses fils, restés en Italie, y perdront la vie. Arrêté par la police brésilienne, puis extradé, Buscetta se venge en acceptant de parler au juge Falcone. Ses confessions permettront l’arrestation de plusieurs centaines de criminels et leur jugement.
Peppino a pris sa retraite. Pendant quarante ans, il a travaillé comme tueur à gages à Naples pour le compte de la Camorra. Son fils a pris sa succession. Mais lorsqu’il est tué dans un guet-apens, Peppino reprend du service pour venger sa mort.
Henri Mohen (Yvan Attal) est un écrivain quinquagénaire en panne d’inspiration. Il a écrit vingt cinq ans plus tôt, après un séjour à la Villa Médicis à Rome dont il garde la nostalgie, un best-seller. Grâce aux revenus générés par ce roman, il a acheté une villa luxueuse au Pays basque, s’y est installé avec sa femme Cécile (Charlotte Gainsbourg) et y a élevé ses quatre enfants aujourd’hui devenus adultes.
Tuyautés par une connaissance, deux zozos belges s’embarquent dans une combine passablement douteuse. Ils vont séquestrer Wilfrid, le propriétaire d’une chaîne de car wash, et encaisser à sa place la recette.
Exilé en France depuis 1973 et le coup d’Etat qui a renversé Allende et porté au pouvoir Pinochet, le Chilien Patricio Guzmán ne cesse de film en film de documenter l’histoire de son pays. La Cordillère des songes est le troisième volet d’un triptyque géographique. Après Nostalgie de la lumière en 2010 consacré au désert d’Atacama, après
Stan (William Lebghil), Hugo (Bastien Bouillon) et Bérénice (Izïa Higelin) ont grandi ensemble dans un petit village au fond des Alpes. Perdus de vue, ils se retrouvent quinze ans plus tard, la trentaine bientôt entamée à l’occasion de l’enterrement de Pierre (Jérémie Elkaïm), le frère aîné de Hugo.