Vétéran du grand banditisme, Frank Valken (Olivier Gourmet) organise méticuleusement un ultime casse avant de prendre sa retraite. Le braquage se déroule parfaitement jusqu’au départ de la bande de Valken et à l’arrivée d’un trio d’assassins qui exécutent froidement les témoins, parmi lesquels la juge Pirotte (Natacha Régnier) qui instruisait une affaire vieille de trente ans aux ramifications politiques.
Arrêté, emprisonné, Valken comprend qu’il a été instrumentalisé. Pour s’innocenter, il doit s’évader.
Après le flic Olivier Marchal et ses polars nerveux (Gangsters, 36 quai des Orfèvres, MR73) nous viennent d’outre-Braibant l’ex-gangster François Troukens et son premier film qui l’est tout autant. Tueurs – un titre bien mal choisi mais qui a le mérite d’annoncer la couleur – utilise les recettes efficaces du film de gangsters : un braquage chronométré, quelques échanges de coups de feu, une course poursuite. Mais Tueurs n’est jamais meilleur que quand il s’intéresse à ses héros : des truands ténébreux, courageux et entiers. Olivier Gourmet, qu’on a rarement vu aussi affûté (il a perdu du poids et pris du muscle pour le rôle) est toujours aussi excellent. À noter auprès de lui la présence d’une femme, Bérénice Baoo, dont on reparlera à coup sûr.
Face à cette bande organisée, des flics qui leur ressemblent. Comme chez Melville, la frontière qui sépare les forces de l’ordre des criminels qu’ils traquent est ambigüe, arbitraire et fluctuante. On comprend bien vite que Bouli Lanners est un ripou de la pire espèce et Luban Azabal, au contraire, une vraie pure de la même trempe que Valken.
Tueurs ne révolutionnera pas le genre. Mais c’est un premier film impeccablement réalisé et dirigé qui se regarde sans déplaisir.
Suite et fin de la trop courte rétrospective Depardon au Trois Luxembourg.
Ann Lake vient de déménager en Angleterre avec son frère. Elle dépose sa fille Bunny à l’école. Mais, quand elle revient l’y chercher, Bunny a disparu.
Kabwita vit dans la misère au Katanga, dans un petit village reculé à une cinquantaine de kilomètres de Kolwezi. Avec sa femme et ses enfants, il aimerait faire bâtir une maisonnée sur son terrain et quitter le taudis dont il est locataire. Il fabrique du charbon de bois.
Depuis qu’un AVC a terrassé son père, Johnny doit assurer seul l’exploitation de la ferme familiale. Sa seule échappatoire : le pub du village où il se saoule méthodiquement chaque soir et y fait, de temps en temps, des rencontres masculines aussi brutales que brèves. Tout change avec l’arrivée de Gheorghe, un journalier roumain embauché par son père pour aider Johnny pendant l’agnelage.
Trente ans avant
À Suburbicon, les Lodge mènent une vie paisible. Tout se détraque avec l’arrivée dans cette banlieue très wasp de nouveaux résidents de couleur.
Une fratrie se réunit au chevet d’un père mourant dans une villa nichée au bord de la Méditerranée. Armand (Gérard Meylan) n’a pas quitté Marseille et y a repris le petit restaurant tenu par ses parents. Angèle (Ariane Ascaride) n’y était plus revenue depuis vingt ans et la mort tragique de sa fillette. Jospeh (Jean-Pierre Darroussin) vient de perdre son emploi et cache derrière un humour de face une profonde dépression que sa « trop jeune fiancée » Bérangère (Anais Demoustier) ne supporte plus.
Pendant la Première Guerre mondiale, tous les hommes sont au front. Veuve, la cinquantaine, Hortense (Nathalie Baye) doit faire front pour diriger la ferme. Elle ne peut guère compter que sur l’aide de son frère et de sa patte folle, et de sa fille Solange (Laura Smet). La vie s’écoule, ponctuée par les saisons et les permissions des hommes : Constant, l’aîné, instituteur, Clovis, le gendre, époux de Solange, Georges le benjamin. Pour se soulager, Hortense recrute une journalière, Francine (Iris Bry), qui tombe amoureuse de Georges et vit avec lui une brève idylle. Mais Georges est promis à Marguerite, la fille que Clovis a eu d’un premier lit.
En 1852, dans un village reculé des Hautes-Alpes soupçonné de sympathies républicaines, tous les hommes ont été arrêtés et déportés. Les femmes, abandonnées à elles-mêmes, s’organisent. Elles redoutent autant qu’elles attendent l’arrivée d’un homme, qui pourrait mettre en péril leur sécurité mais aussi leur apporter une aide indispensable aux travaux des champs. Les plus jeunes passent entre elles un pacte : si un homme arrive, il sera l’amante de toutes. C’est alors qu’advient Jean qui prétend être maréchal-ferrant. Violette s’en éprend. Elle n’accepte pas de le partager.