Trente ans avant 12 jours, Raymond Depardon avait déjà posé sa caméra dans un hôpital, aux urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu, en plein cœur de Paris.
En 1987, Depardon tenait lui-même la caméra avec un preneur de son – qui, faute d’espace, est parfois visible à l’image. En 2017, la technique est plus moderne. Depardon utilise désormais le champ/contrechamp et les micros portables.
Mais hier comme aujourd’hui, la technique est au service d’une démarche qui n’a pas changé : un dispositif aussi peu intrusif que possible, qui essaie de se faire oublier pour mieux capter la réalité telle qu’elle se vit.
On pourrait analyser les documentaires « confrontationnels » de Depardon comme une ethnographie des lieux d’enfermement : asiles, hôpitaux, prisons… À chaque fois, la caméra de Depardon filme une confrontation : entre un malade et un psychiatre dans Urgences, entre le patient enfermé sans son consentement dans un hôpital psychiatrique et le juge des libertés qui contrôle la légalité de cet enfermement dans 12 jours, entre un substitut et un accusé dans Délits flagrants…
Mais ce serait peut-être se tromper sur l’objet même de l’œuvre de Depardon. Au fond, Depardon ne s’intéresse pas vraiment à l’hôpital ou à la justice. Son cinéma n’a qu’un seul thème – comme le montrent d’ailleurs ses documentaires les plus récents Journal de France ou Les Habitants : radioscoper la France, ses habitants, ses maux.
Ce que nous montrent Urgences, Délits flagrants, Les Habitants, 12 jours, ce sont des Français ordinaires. Ordinaires ? Le terme est peut-être mal choisi pour qualifier des personnes dans une situation extraordinaire : les urgences d’un hôpital, une salle d’audience d’un tribunal, un hôpital psychiatrique… Disons plutôt des Français comme les autres qui, par la faute des accidents de la vie, d’une santé défaillante, d’un milieu ingrat, ont chuté.
C’est à cette aune qu’on peut aujourd’hui revoir Urgences comme la rétrospective Depardon programmée aux Trois Luxembourg en offre l’opportunité. En trente ans, la France a bien changé. Les années 80 étaient hideuses, contrairement à l’image que j’avais gardé de mes années d’école et que des films comme Stars 80 essaient sans succès de magnifier : vêtements informes, coiffures révoltantes, couleurs déprimantes… Si l’on fait abstraction de cette laideur, c’est l’évolution du langage des protagonistes qui m’a le plus frappé entre Urgences et 12 jours. En 1987, les patients qui viennent aux urgences psychiatriques, malgré leurs maux, parlent un français étonnamment châtié, sans fautes de grammaire ni tics de langage. Un français où on entend encore les accents du titi parisien.
Mais les changements touchent moins le fond que la forme. Car au fond, les mêmes pathologies demeurent, les mêmes vies cabossées défilent : suicidaires, alcooliques, travailleurs en burn out (même si le mot n’existait pas encore), veufs dépressifs…
Le sergent Raymond Shaw (Laurence Harvey) reçoit la Medal of Honour à son retour de Corée. Mais le major Bennett Marco (Frank Sinatra) découvre que le sergent a, en fait, été victime d’un lavage de cerveau et est devenu la marionnette d’un complot communiste destiné à déstabiliser les États-Unis.
À Nantes en 1955, les amours tragiques d’un ouvrier gréviste avec la fille de sa logeuse.
À quelques jours de la sortie de son nouveau film, 12 jours, les Trois Luxembourg programme une rétrospective Depardon. C’est l’occasion de voir ou de revoir les réalisations les plus célèbres de ce grand documentariste, qui filma le monde derrière son objectif avant de se recentrer depuis une quinzaine d’années sur la France.
Farrebique est un hameau du Rouergue dans l’Aveyron à une trentaine de kilomètres de Rodez. À la ferme, le grand-père règne en maître. Ses deux fils l’assistent en attendant de lui succéder. L’aîné est marié et a déjà quatre enfants. Le cadet « fréquente » la fille du voisin.
Merzak Allouache s’est fait connaître avec des comédies grand public : Chouchou (qui avait lancé Gad Elmaleh) ou Bab el Web (qui avait lancé Faudel). Le ressort de ces comédies pas toujours fines : traiter par l’humour les décalages culturelles entre la France et l’Algérie.
Frederick Wiseman tourne en 1967 son tout premier documentaire, dans un noir et blanc granuleux, avec un son inaudible, dans le service psychiatrique d’un hôpital militaire. Il n’est pas encore le « pape du documentaire » mondialement reconnu, consacré en 2017 par un Oscar d’honneur pour l’ensemble de son œuvre. Mais, déjà, il a posé les règles dont il ne s’éloignera guère et auquel le documentaire contemporain a l’obligation de se conformer : montrer plus que démontrer en filmant sans commentaire, sans voix off, sans sous-titres.
Bouleversant… mais…
Après Mad Max (1979), Mad Max II – le défi (1981) et Mad Max – Au delà du dôme du tonnerre (1985), il a fallu attendre trente ans la sortie de Mad Max: Fury Road.
On réagira différemment selon ses opinions politiques à La Loi du marché présenté à Cannes en 2015 et couronné par le César du meilleur film.