
Tout s’effondre pour Barbara lorsque la mort fauche son mari, Heli, et ses deux enfants, Thimo (six ans) et Fini (un an).
Il est difficile d’imaginer pitch plus dramatique que celui de ce film autrichien au titre parfait, Vier minus drei (quatre moins trois), gauchement traduit en français. Le risque était grand que le film inspiré de l’autobiographie de Barbara Pachl-Eberhardt (inédite en français) se noie dans les larmes.
Mais le réalisateur autrichien Adrian Goiginger évite cet écueil. Il y est aidé par la prestation exceptionnelle de Valerie Pachner. On avait découvert cette actrice dans Une vie cachée de Terrence Malick en 2019 – un film auquel j’avais mis zéro ET quatre étoiles – où elle jouait le rôle de l’épouse de l’objecteur de conscience interprété par August Diehl. On l’a revue récemment dans le film égyptien Notre histoire. Elle est ici parfaite, dans un rôle pourtant casse-gueule. Elle est bien sûr dévastée de chagrin mais ne sombre pas dans le pathos.
Héli, le mari de Barbara, était clown. Et tout le film baigne dans l’univers doucement loufoque du cirque. L’enterrement est sa scène la plus réussie. Seul défaut : les flash-backs appuyés qui certes permettent de reconstituer l’histoire du couple et de sa formation, mais qui insistent un peu trop sur le bonheur irénique d’une famille à jamais détruite.