La vie et l’oeuvre de l’abbé Pierre que sa santé fragile a empêché d’embrasser la vie ascétique des Capucins. Soldat puis résistant pendant la Seconde guerre mondiale, brièvement député sous la IVème République, il achète à Neuilly-Plaisance un édifice en ruines pour y accueillir les vagabonds et les mal-logés. Afin de financer les repas et les dépenses courantes, il a l’idée de recycler détritus et objets usagés et de les revendre. Emmaüs est né. À l’hiver 54, l’appel déchirant qu’il lance en faveur des sans abris lui confère une célébrité qui l’accompagnera jusqu’à sa mort en 2007.
La génération Z connaît-elle encore l’abbé Pierre ? Ou est-ce une figure définitivement has been, reléguée avec Yannick Noah et Louis de Funès au vert paradis des souvenirs nostalgiques des boomers ?
Je me souviens encore être allé voir à l’automne 1989, dans une petite salle de Cergy-Pontoise sans chauffage, Hiver 54. Lambert Wilson y interprétait l’abbé Pierre. J’en ai gardé un souvenir si vif que c’est la ressemblance de Benjamin Lavernhe avec Lambert Wilson qui m’a frappé dans plusieurs scènes, plus que celle du sociétaire de la Comédie-Française avec son illustre modèle.
Benjamin Lavernhe, parlons-en, est excellent. Je parie mon pain au chocolat que son interprétation lui vaudra l’an prochain le César du meilleur acteur (j’imagine mal Jean Dujardin dans Sur les chemins noirs ou Karim Leklou dans Goutte d’or lui voler la politesse). Il relève le pari difficile d’être crédible dans les scènes où, outrageusement grimé, il se glisse dans la peau de l’abbé Pierre vieillissant voire moribond.
Il porte sur ses épaules un film à la gloire de son héros. Mais sa prestation ne devrait pas éclipser celle de Emmanuelle Bercot qui joue sa fidèle secrétaire – et à laquelle, pas avare de pronostics, je prédis le César du meilleur second rôle féminin.
L’Abbé Pierre est une hagiographie assumée. Sans doute est-ce moins grave pour un homme d’Église que pour un laïc. C’est un film à grand spectacle et à gros budget qui a le souffle et l’ambition de raconter une vie tout entière dédiée aux plus fragiles. Elle peint un homme animé d’une énergie électrisante, toujours en action mais aussi tenaillé par le doute, rongé par l’insatisfaction, travailleur acharné jusqu’à l’exténuation.
Je me demande quelle audience aura ce film. Sera-t-il le grand succès de l’automne, le film consensuel dans lequel les Parisiens et les provinciaux, les jeunes et les vieux, les gens de gauche, touchés par sa fraternité, et ceux de droite, qui contestent aux premiers le monopole du cœur, se reconnaîtront tous. Ou bien son classicisme et son sujet un peu has been feront-ils flop ?
En 1942, Helena Citron a vingt ans à peine. Elle est belle comme un cœur, fraîche « comme une pêche » dira plus tard une de ses compagnes de captivité. Elle fait partie du premier convoi de femmes déportées de Slovaquie à Auschwitz. Elle y survivra près de trois ans grâce à un officier SS, Franz Wunsch, qui tombe éperdument amoureux d’elle, la prend sous son aile et parvient même à sauver in extremis la sœur de Helena de la chambre à gaz même s’il y laisse ses deux neveux. Trente ans plus tard, il sera jugé à Vienne et lui demandera de venir témoigner en sa faveur.
En juin 1858, dans les États pontificaux, le jeune Edgardo Mortaro est soustrait à la garde de ses parents par les soldats du Pape au motif qu’il aurait été secrètement baptisé et doit recevoir une éducation catholique. Le rapt provoque une campagne internationale de soutien à ses parents, des riches marchands israélites bolognais, qui exigent sa libération. Mais le pape Pie IX, dont l’autorité vacille sous les coups du Risorgimento, refuse de relâcher l’enfant.
Un cambrioleur pénètre dans un luxueux penthouse new-yorkais pour y dérober des oeuvres d’art. Il s’y retrouve piégé, sans contact avec l’extérieur. La crainte d’y être à tout jamais enfermé se substitue bientôt à celle d’y être cueilli par la police. D’autant que l’eau y a été coupée et que la climatisation fait des siennes.
Le réalisateur Kleber Mendonça Filho est né et a grandi à Recife, la capitale du Pernambouc dans le Nordeste brésilien. Il a gardé le souvenir de la maison familiale qui servit de décor à ses premiers essais filmiques et celui des nombreux cinémas du centre ville aujourd’hui désaffectés.
Marguerite Hoffmann (Ella Rumpf) travaille à l’ENS sous l’autorité de Laurent Werner (Jean-Pierre Darroussin) à une thèse de mathématiques. Mais la présentation au public de ses premiers résultats tourne au fiasco. Dégoûtée, Marguerite claque la porte de l’ENS, décide de renoncer à jamais aux mathématiques et part s’installer dans un meublé crasseux du 13ème arrondissement parisien.
Éternelle vieille fille faisant le désespoir de sa mère, la comtesse Irma Sztáray (Sandra Hüller) devient la dame de compagnie de l’impératrice Elisabeth d’Autriche (Susanne Wolff). Sissi, vieillissante, obsédée par son tour de taille, supporte de plus en plus mal les contraintes du protocole et l’autorité de son mari, l’empereur François-Joseph. Toutes les occasions lui sont bonnes pour s’échapper de Vienne. Fidèle d’entre les fidèles, aimantée par sa maîtresse, sa dame de compagnie l’accompagne en Grèce, en Algérie, en Angleterre jusqu’à sa mort à Genève en 1898.
Lorsque l’exploitation pétrolière débuta en Oklahoma au début du XXième siècle, les Indiens Osage, propriétaires des terres arides qui leur avaient été concédées, devinrent du jour au lendemain immensément riches. Cette manne attira immédiatement des Blancs cupides. Cette page méconnue de l’histoire américaine a constitué la matière du livre de David Grann (auteur de The Lost City of Z) que Martin Scorsese porte à l’écran.
Gabriel Laurens, un détective privé spécialisé dans la filature des couples adultères, vient de perdre sa vieille mère quand sa nièce, Jade lui annonce le décès de son frère jumeau dans de mystérieuses circonstances. Sur l’insistance de Jade, Gabriel accepte de la raccompagner chez elle, dans une luxueuse demeure à la frontière espagnole, et de mener l’enquête.
Hans Blix est un diplomate suédois qui a consacré sa vie à la défense de la paix. Il est surtout connu comme le chef de la mission onusienne de contrôle du désarmement en Irak qui, en 2003, résistant à l’incroyable pression des faucons néoconservateurs de Washington, a refusé de conclure à l’existence d’armes de destruction massive en Irak.