
Comme son nom ne l’indique pas, David Kremer est Breton. Il a toujours été fasciné par la mer et lui a déjà consacré deux longs-métrages de fiction. Son troisième film est un documentaire tourné sur la Grande Hermine, un chalutier-usine surgélateur de 65 mètres à bord duquel la trentaine d’hommes d’équipage (ça manque de femmes !) pêchent le poisson et le conditionnent.
En 2012 Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel avaient tourné un film similaire, à bord d’un chalutier. Mais leur traitement était totalement différent, moins documenté, plus poétique.
Le réalisateur de Seuls ensemble ne filme pas la mer, les couchers de soleil, les flots déchaînés. Seuls ensemble, comme son titre l’annonce, s’intéresse aux marins-pêcheurs et à eux seuls.
Leurs gestes que David Kremer capte avec la patience d’un ergonome : la remontée de l’énorme chalut, lourd de plusieurs tonnes de poissons, leur découpage à la chaîne.
Leurs vies régies par une routine laborieuse : les réveils au clairon dans l’aube laiteuse de l’Arctique, les repas dans la cuisine, les cigarettes fumées à la chaîne.
Le documentaire quasi muet s’anime dans le dernier tiers, lorsque David Kremer prend le parti de procéder à des interviews. Face caméra, les personnages, avec lesquels on s’est familiarisé depuis une heure, prennent la parole, pour raconter la dureté du métier, mais aussi la passion qui les anime et leur dégoût de la terre. Comme si être marin-pêcheur était à la fois une quête et une fuite.

Jane Got a Gun arrive sur nos écrans lesté de lourdes casseroles. Produit par Natalie Portman, le film devait être réalisé par Lynne Ramsay (We Need to Talk about Kevin) qui a déclaré forfait la veille du tournage. Bradley Cooper puis Jude Law étaient annoncés pour le premier rôle masculin, finalement interprété par Joel Edgerton (Life, Strictly Criminal, Exodus). Sa sortie en France, prévue le 25 novembre, est décalée suite aux attentats du 13 novembre. Last but not least, le film, sorti aux États-Unis vendredi dernier, a enregistré des résultats catastrophiques au box-office ce week-end.
Deux chasseurs de primes lancés à la poursuite d’un couple en cavale vont le défendre contre la population locale décidée à le lyncher.
Ixcanul est un film guatémaltèque. Son titre et son pedigree semblent le condamner à un genre quasi documentaire. Sa première partie le confirme : on y découvre Maria qui vit auprès de ses parents, au pied du volcan Ixcanul. Elle aimerait suivre Pepe, son amoureux, qui rêve de s’exiler aux États-Unis ; mais ses parents souhaitent la marier au fils de leur métayer.
« Nous trois ou rien » c’est « Persepolis » + « L’Arabe du futur ». Soit, sur les traces de Marjane Satrapi et sur celles de Riad Sattouf, l’autobiographie d’une famille qui fuit la dictature pour s’installer en France. À me faire regretter d’être le fils d’un vétérinaire varois qui, du fait de cette filiation bien peu romanesque, n’écrira jamais de best-seller autofictionnel !
« La Fille du patron », c’est deux films en un. D’un côté, des employés d’une entreprise textile qui forment une équipe de rugby. De l’autre, l’arrivée dans ce groupe soudé d’un corps exogène – la fille du patron chargée de mener une étude d’ergonomie dans l’entreprise de son père – qui va révéler les conflits de classe.
Le cinéma russe n’en finit pas de démontrer sa vitalité. Après Léviathan en 2014 et Classe à part en 2015, L’Idiot ! vient d’être couronné au Festival de cinéma européen des Arcs.