
Salafistes a fait parler de lui à cause de l’interdiction – rarissime – aux moins de 18 ans qui l’a frappé. La polémique est à la fois vaine et légitime.
Vaine. Ce documentaire médiocrement filmé et sorti en catimini dans deux minuscules – logiquement archi-combles – salles parisiennes ne méritait pas une telle publicité. De quoi s’agit-il ? De quelques interviews de leaders salafistes au Mali, en Mauritanie et en Tunisie ponctuées de vidéos de propagande piochées sur le web. Claude Lanzmann a beau crier au chef-d’œuvre ; on a connu le réalisateur de Shoah mieux inspiré. La fiction poétique de Timbuktu – qui emprunte aux mêmes événements – est autrement convaincante.
La polémique suscitée par la censure ministérielle n’en est pas moins légitime. C’est la première fois depuis 1962 qu’un documentaire est interdit aux moins de 18 ans – le privant par voie de conséquence de toute diffusion télévisuelle. Pourquoi ? Parce que, nous dit la Commission de classification, ce documentaire « ne permet pas de façon claire de faire la critique des discours violemment anti-occidentaux, antidémocratiques de légitimation d’actes terroristes (…) ». Donc est reproché à Salafistes non seulement de diffuser des scènes et des discours d’une extrême violence mais surtout de ne pas en faire la critique. Logiquement, le même raisonnement devrait conduire à censurer Naissance d’une nation ou Les Dieux du stade pour apologie de l’esclavagisme et du nazisme. Claude Lanzmann a raison : censurer Salafistes n’est pas seulement une atteinte à la liberté d’expression mais, pire, une insulte à l’intelligence du spectateur, fût-il mineur.
Jane Got a Gun arrive sur nos écrans lesté de lourdes casseroles. Produit par Natalie Portman, le film devait être réalisé par Lynne Ramsay (We Need to Talk about Kevin) qui a déclaré forfait la veille du tournage. Bradley Cooper puis Jude Law étaient annoncés pour le premier rôle masculin, finalement interprété par Joel Edgerton (Life, Strictly Criminal, Exodus). Sa sortie en France, prévue le 25 novembre, est décalée suite aux attentats du 13 novembre. Last but not least, le film, sorti aux États-Unis vendredi dernier, a enregistré des résultats catastrophiques au box-office ce week-end.
Deux chasseurs de primes lancés à la poursuite d’un couple en cavale vont le défendre contre la population locale décidée à le lyncher.
Ixcanul est un film guatémaltèque. Son titre et son pedigree semblent le condamner à un genre quasi documentaire. Sa première partie le confirme : on y découvre Maria qui vit auprès de ses parents, au pied du volcan Ixcanul. Elle aimerait suivre Pepe, son amoureux, qui rêve de s’exiler aux États-Unis ; mais ses parents souhaitent la marier au fils de leur métayer.
« Nous trois ou rien » c’est « Persepolis » + « L’Arabe du futur ». Soit, sur les traces de Marjane Satrapi et sur celles de Riad Sattouf, l’autobiographie d’une famille qui fuit la dictature pour s’installer en France. À me faire regretter d’être le fils d’un vétérinaire varois qui, du fait de cette filiation bien peu romanesque, n’écrira jamais de best-seller autofictionnel !
« La Fille du patron », c’est deux films en un. D’un côté, des employés d’une entreprise textile qui forment une équipe de rugby. De l’autre, l’arrivée dans ce groupe soudé d’un corps exogène – la fille du patron chargée de mener une étude d’ergonomie dans l’entreprise de son père – qui va révéler les conflits de classe.
Le cinéma russe n’en finit pas de démontrer sa vitalité. Après Léviathan en 2014 et Classe à part en 2015, L’Idiot ! vient d’être couronné au Festival de cinéma européen des Arcs.
Le battage médiatique autour de Star Wars VII m’avait porté sur les nerfs. Aussi avais-je quelque prévention à aller, tel un mouton de Panurge, le voir dès sa sortie. Mais l’enthousiasme de mes ados est venu à bout de mes réticences. Et dès le cultissime générique (A long time ago in a galaxy far far away) la musique de John Williams m’a transporté.