Un président de la République, fraîchement élu, voit sa cote de popularité dégringoler. Il convoque une réunion de crise pour préparer le discours qui redorera son blason.
Ainsi pitché, « Gaz de France » avait de quoi faire saliver. J’imaginais un « House of Cards » à la française, « Un temps de président » (l’excellent docu de Yves Jeuland sur les coulisses de l’Élysée) fictionnalisé. Je me trompais lourdement.
Car « Gaz de France » n’est pas réaliste. Et n’a aucune ambition de l’être. Le premier film de Benoît Forgeard est une pochade surréaliste qui louche du côté de Groland et de Buñuel. Cette analyse fait beaucoup d’honneur à un film raté qui au bout de trente minutes a déjà épuisé son sujet : critique de la politique-spectacle, des entourages présidentiels, de la dictature de l’apparence, du storytelling. Rien ne vient sauver de l’ennui visqueux dans lequel le film s’installe. Pas même la brochette de seconds rôles qui composent le panel censé rebooster la communication présidentielle.
Le film est sorti dans une seule salle à Paris. Je m’en suis étonné après avoir lu les longues critiques que lui ont consacrées avant-hier Le Monde et Télérama. Mais j’en ai compris la raison hier.
Je le confesse : c’est alléché par une
Je m’installe dans la salle. Je regarde autour de moi. Que vois-je ? Des retraités caqueteurs, renifleurs et éternueurs. Je me dis que je me suis trompé, qu’on m’a vendu un ticket pour un film avec Jean Rochefort ou Michel Piccoli. Pas du tout ! C’est bien « Janis » qui va commencer, un documentaire sur l’icône des sixties, bisexuelle et morte d’une overdose à 27 ans seulement en 1970.
Il est de bon ton de vouer aux gémonies le huitième film de Quentin Tarantino. Avec la satisfaction de moucher un gamin précoce et turbulent. Avec la joie mauvaise de le rappeler à l’ordre, de le ramener dans le droit chemin pour lui faire payer les voies de traverse dans lesquelles il s’était trop longtemps complu.
J’ai déjà dit ici combien la miniaturisation était en train de révolutionner le cinéma.
Volontairement ou pas, le titre du film et son affiche miroitent (et je ne dis pas cela parce que Rebecka Josephson se regarde dans la glace !). Le titre annonce une sœur maigrichonne ; l’affiche nous montre une fille rondelette. Alors ? Erreur d’indexation ?
Pendant la première demi-heure du film, un doute m’a envahi. M’étais-je trompé de salle ? Avais-je pris ma mauvaise paire de lunettes pour ne pas reconnaître Greta Gerwig ?
Grâce aux progrès technologiques, on peut aujourd’hui tourner un film avec un téléphone portable. Nous sommes donc tous devenus, pour le meilleur et pour le pire, des cinéastes en puissance.